Orme champêtre

Des ailes dans les branches


Photo Yvan Bernaer

 

Pourquoi les ailes botaniques me fascinent-elles tellement ?

Il me suffit de penser aux fruits ailés de l'angélique ou du tabouret des champs1, aux samares des érables et des frênes, aux pétales latéraux des Papilionacées2 ... et même aux spores de Lactarius pterosporus3 (du grec "pteron" : aile... à l'origine de moult ordres d'insectes4)...

pour que je me sente transporté d'une immédiate et irrépressible envolée esthétique.

Et que dire... quand mes yeux tombent sur la tige ailée d'un ormeau ou d'un érable champêtre !

L'excroissance liégeuse, très graphique, sculptée et maîtrisée, traduit le grand art de la nature... une sorte d'orfèvrerie du bois, qui partant du plus épais et boursouflé de la tige, déploie des ailes qui s'affinent et s'aiguisent vers l'extérieur... prêtes à prendre leur vol.

Dans les haies berrichonnes, les jeunes ormeaux : Ulmus minor Miller, et les érables champêtres : Acer campestre Linné... s'envolent à tire-d'aile... dans le remue-ménage des mésanges, des "marlots" et des rouges-gorges.

 

Notes :

1 – Thlapsi arvense Linné.   

2 – Papilionacées : du latin "papilio" : papillon.  

3 – "Pterosporus" est proche phonétiquement de "asterosporus" : à spores étoilées.  

4 – Coléoptères (à ailes dans un étui : les élytres), Diptéres (à deux ailes), Hyménoptères (à ailes membraneuses), Orthoptères (à ailes droites), Trichoptères (à ailes poilues), Lépidoptères (à ailes écailleuses), etc.

 

Chronique du 15 janvier 2009



Article ajouté le 2009-01-16 , consulté 326 fois

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