Le compagnon rouge

Le compagnon rouge


Photos Yvan Bernaer

 

Le compagnon rouge... n'est pas vraiment rouge : il est plutôt rose vif.

Mais il tient compagnie au voyageur... et la teinte rose a subrepticement glissé vers une couleur "plus forte" : le rouge. La couleur du sang !

Le compagnon rouge est une Caryophyllacée. Penchons-nous un tantinet sur cet étrange et joli mot : du grec "karuon" : noyau, noeud, et "phyllon" : feuille ; les plantes de cette famille ont des feuilles opposées, insérées sur des noeuds renflés.

Le puissant charme de ce mot ne tient-il pas justement en cette dialectique entre le noeud et la feuille, le point et la surface, le concentré et le diffus, le dur et le tendre... et même entre la dureté de "caryo" et la douceur de "phyllacées" ?

Le compagnon rouge : Silene dioica (Linné) Clairville... renferme bien d'autres mystères. Si d'aucuns prétendent que son gros ventre rond est celui de Silênos, père nourricier de Bacchus, son petit nom "dioica" signe sa marginalité : ses fleurs mâles et ses fleurs femelles sont sur des pieds séparés, contrairement à la plupart de ses hermaphrodites congénères.

Le compagnon rouge s'ouvre le jour... il est diurne... et quand le soir referme et éteint sa rutilante corolle... s'éveille alors le pâle et vespéral compagnon blanc.



 

Note :

Le compagnon rouge se nomma aussi Melandryum dioicum, Lychnis dioica, Lychnis diurna... Il se plaît dans la région d'Éguzon, entre autre, pendant que son homologue le compagnon blanc, tour à tour Melandryum album, Lychnis vespertina, Silene pratensis... préfère les terrains vagues et les champs cultivés calcaires.




 

Chronique Echo du Berry du 9 juillet 2009



Article ajouté le 2009-07-11 , consulté 56 fois

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