Les trois mauves
Les trois mauves
La petite-mauve, pas besoin d'aller la chercher bien loin, elle est dans votre jardin, en compagnie des autres « mal aimées ». Ses feuilles arrondies-dentées sont portées par de longs pétioles et ses petites fleurs oscillent entre le blanchâtre, le rosâtre et le violet pâle – qui est à l'origine de l'adjectif de couleur '' mauve ''. La grande-mauve adore les terrains vagues, les décombres, et se fait remarquer d'emblée par ses pétales rose vif rayés de violacé. La mauve alcée déploie des fleurs un rien plus grandes et plus rondes, d'un rose plus pâle, uniforme, ainsi que son sosie la mauve musquée, à la fragrance subtilement musquée. Fort heureusement pour le déterminateur, ces deux mauves n'habitent pas les mêmes milieux : l'alcée préfère les terrains calcaires (on peut l'admirer en ce moment le long de la route Arthon-Mosnay) et la musquée, les sols siliceux. Mais il ne faut pas s'en tenir là pour autant et le moyen le plus sûr est de regarder sous la fleur, sous la corolle, sous le calice, pour y examiner le calicule formé de trois bractées (sortes de petites feuilles) en rosace. Chez la mauve alcée elles sont larges, en fer de lance, chez la mauve musquée elles sont linéaires-aiguës. Autre détail d'importance à observer chez les mauves : le fruit capsulaire, vert puis brun-beige, qui ressemble à une minuscule citrouille ; il est poilu chez la petite-mauve, glabre et très ridé chez la grande-mauve, à peine velu chez la mauve alcée, hérissé de longs poils blancs chez la mauve musquée.
Les mauves appartiennent à la famille des Malvacées. Elles ont pour proches cousines, dans l'Indre, les guimauves et les roses trémières, et pour cousins lointains, par-delà les mers... les hibiscus, cotonniers et autres baobabs.
Addenda : Madame Suzanne Durand mentionne la présence d'une cinquième mauve : la mauve de Nice (Malva nicaeensis All.), observée il y a quelques années dans la vallée des Chézeaux, à Rivarennes. Cette mauve pousse habituellement dans le Midi et l'ouest de
Chronique NR du 21 septembre 2006

Commentaires
Robin Plackert le 24/06/2007 à 00:53:48Donc les trois mauves sont cinq... Cette arithmétique botanique est surprenante, pour le moins. Surprise aussi (et combien bonne) de te découvrir, Richard, sur la toile électronique. Si l'on tape fonge et florule dans Google, on n'obtient pour l'heure que quatre résultats...
M'est avis que ça ne va pas durer...
Bien à toi, et longue vie à la fonge et à la florule !
martine davoust le 02/01/2009 à 20:15:51
Pour moi aussi c'est une surprise de découvrir ton blog en cherchant une petite Arenaria. Alors, je suis partie en balade au hasard de tes chroniques, faisant l'école buissonnière le long des sentiers tracés par ta plume. Je reviendrai! Tous mes voeux à la chronique 2009.