Amanite phalloïde

Belle et mortelle,

l'amanite phalloïde

 

Photo Yvan Bernaer

 

Inquiétante, fascinante par les redoutables poisons qu'elle sécrète en son sein, elle l'est également par sa double nature : féminine et masculine (l'anima et l'animus).

Sa féminité transpire de sa silhouette voluptueuse, élégamment chaussée, parée d'une collerette... et s'accentue avec l'âge quand elle exhale un délicat parfum de rose fanée ; elle se révèle aussi dans son nom latin : Amanita phalloides (Fr.) Link , « Amanos » désignant en grec une montagne de Cilicie, « matrice de tous les champignons » , et par son nom vernaculaire évocateur : oronge ciguë verte.

Masculine elle l'est par son épithète « phalloïde » : semblable à un phallus (quand elle est jeune) et cette étymologie lui fait rejoindre nos capiteuses orchidées, dont certaines ont deux tubercules à la base de la tige, semblables à des testicules (« orchis » en grec).

L'amanite phalloïde prend naissance dans une sorte d'oeuf, le voile général, qui est épais et se rompt  net à la croissance ; celui-ci demeure sous la forme d'un sac blanc : la volve. Un deuxième voile – le voile partiel – protège les lames et se résout en un anneau membraneux. La présence de ces deux voiles est de toute première importance pour la détermination et pour éviter des confusions avec des espèces comestibles, tels les rosés des bois, les russules vertes ou les volvaires gluantes (cultivées et consommées en Asie). Le chapeau de la phalloïde, typiquement vert olive et vergeté, varie dans une gamme impressionnante de couleurs, du blanc au gris plomb, en passant par le jaune, le vert jaunâtre, le vert noirâtre, le brun verdâtre.

Elle pousse en ce moment dans tous les bois de l'Indre, sous feuillus et sous conifères. Admirez-la... ne l'écrasez surtout pas !

Chronique NR du 19 octobre 2006



Article ajouté le 2007-06-24 , consulté 529 fois

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