Le coprin chevelu

Premier émoi : 

le coprin chevelu

 

Photo Yvan Bernaer

 

Quelle émotion ! ... Quand je le vis pour la première fois, sur le bord de la route, sur la pelouse d'un terrain de foot, sur le gazon d'un centre-ville. J'avais peut-être quinze ans. Quand je découvris ses longs chapeaux glandiformes « à la  yéti », blanc de neige, follement échevelés, emperlés de toute l'humidité fraîche de la terre !

Une passion se tient souvent tapie dans la fulgurance d'une image d'enfance, d'adolescence. L'esprit mûr la recherche, l'exhume, la survalorise, la fait jaillir tel un précipité chimique « à l'origine du monde » .

L'autre pôle magnétique du coprin se tient dans l'éphémère – cet accéléré du temps qui nous envoûte, nous autres humains « condamnés à un temps moyen », comme nous envoûtent les durées de vie multicentenaires des grands arbres.

Le coprin chevelu (Coprinus comatus (Müll. : Fr.) Pers.) est un champignon d'un jour, frais pimpant le matin, déliquescent et noir de nuit le soir. C'est un comestible délicat, à condition de le consommer jeune et dans un endroit non pollué. Il partage son habitat herbeux avec le coprin noir d'encre, uniformément gris à brun-gris, qui lui est toxique en présence d'alcool, à l'instar de la plupart des autres coprins.

Dans les bois, en ce moment, vous rencontrerez également les touffes ochracées du coprin micacé, les troupes serrées, beiges à grisâtres, du coprin disséminé, et le solitaire coprin pie... que le mycologue Pierre Bulliard prit pour un oiseau.

 

Chronique NR du 16 novembre 2006



Article ajouté le 2007-06-27 , consulté 270 fois

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