L'hygrocybe cocciné

Du rouge écarlate dans la mousse :

l'hygrocybe cocciné

 

Photo Yvan Bernaer

 

Les hygrocybes sont des têtes mouillées (du grec hugros : humide, mouillé, et kubê : tête).

En fait, ils déclinent tous les gradients de « l'état mouillé » : gélifié (ayant l'apparence d'une gelée), gluant (couvert de glu), visqueux (qui colle et qui poisse), viscidule (légèrement visqueux), lubrifié (gras sous le doigt mais non collant), et simplement humide.

Beaucoup d'hygrocybes ont des couleurs très vives : rouge, jaune, orange ; ce sont des « Laeti », c'est-à-dire des joyeux ! Ils aiment à ponctuer les prairies indriennes aux premières brumes hiémales, alors que le grand cortège fungique s'est déjà retiré.

Ils sont de détermination délicate, car beaucoup d'hygrocybes se ressemblent. Outre la qualité de mouillure du champignon, il conviendra d'observer sa forme – de conique pointu ou obtus, campanulé, à presque plat – sa couleur et son éventuelle évolution (noircissement, décoloration), son aspect (lisse, fibrilleux, squamuleux), ainsi que le mode d'insertion des lames sur le pied.

L'hygrocybe cocciné (Hygrocybe coccinea ( Sch. : Fr.) Kumm.) tient son épithète du latin coccum : cochenille du nopal (variété de figuier de Barbarie) qui fournit une teinture rouge écarlate. Il se singularise par ce rouge dans toutes les parties de son sporophore : chapeau, pied, lames (dont l'arête est jaune) et chair, à l'exception de celle du pied qui est jaune orange ; son chapeau est lisse, brillant, lubrifié puis sec, décolorant vers le orange, et ses lames sont adnées (elles adhèrent au pied sur presque toute leur largeur).

Les hygrocybes sont des champignons rares, à protéger... à célébrer.

 

Chronique NR du 14 décembre 2006



Article ajouté le 2007-06-29 , consulté 285 fois

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