L'eupatoire chanvrine

L'eupatoire chanvrine
 
Photo Yvan Bernaer

 

Il est des fleurs qui ne pourront jamais être peintes, tant elles sont des tableaux vivants en elles-mêmes. Elles sont peinture, matière et épaisseur de la peinture. On s'en approche comme d'une toile, avec des envies myopes de voir les plis et les replis, les écaillements... et surtout de toucher !

C'est par son rose gouaché du blanc de ses étamines jaillissantes, par son rose plâtreux qui gonfle et ennuage le rose pur de ses capitules jeunes que l'eupatoire chanvrine nous fascine. Elle est cette belle grande fleur d'arrière-saison qui attise les prairies marécageuses et les lisières forestières humides de l'Indre.

Astéracée à feuilles opposées (ce qui est rare dans la famille), à capitules tubuliflores et pauciflores (à fleurs en tube et peu nombreuses), elle dévoile sous la loupe, à maturité, des akènes noirs à côtes saillantes, tapissés de petites glandes résineuses et brillantes, surmontés d'une aigrette blanc de neige.

L'eupatoire chanvrine : Eupatorium cannabinum Linné, tient son nom générique de Mithridate Eupator, roi de Pont en Asie Mineure, en l'an -111 avant Jésus-Christ, et censé avoir découvert les propriétés médicinales de la plante. Quelque mille ans plus tard et pour des raisons similaires, le nom de la Composée à feuilles de chanvre fut attaché à celui du médecin arabe Avicenne.

Est-ce parce qu'elle fut cultivée dans les jardins de curé qu'elle porta enfin le nom d'herbe-de-Sainte-Cunégonde ?...

Mais trêve de bavardage... savourons l'une de ses plus belles appellations anglaises : « raspberries-and-cream » : framboises à la crème !

 

Chronique NR du 20 septembre 2007



Article ajouté le 2007-10-12 , consulté 224 fois

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