Le phellin à bourrelets

Le phellin à bourrelets

 

Photo Yvan Bernaer

 

« Il est chargé de rouille – de cette rouille des eaux ferrugineuses, des grilles antiques mangées par la végétation. »

 

Le phellin à bourrelets est inséparable du plaisir de la haie, du bonheur de la bouchure et du chemin creux !

Algueux et moussu, caché, discret comme son « frère jumeau » le phellin du fusain, il colonise la base des divers feuillus qui composent les haies indriennes. Un inventaire fut ébauché dans l'Indre en 1992. Notre polypore se révéla en abondance, entre autres, dans les bocages de Cuzion, Le Pin, Le Magny, Rivarennes, Sarzay, Arthon, Velles, tant sur chêne que sur charme, orme, noisetier, néflier, cormier, prunellier, aubépine...

Le phellin à bourrelets : Phellinus torulosus (Persoon) Bourdot et Galzin, est d'affinité méridionale : il aime la chaleur et le sec. Ces deux traits de caractère ressortent nettement dans le choix de ses niches écologiques : exposition sud, sud-ouest (sinon, il est chaudement vêtu de lierre et de mousse), et position haute sur le talus, loin de l'humidité du fossé.

Dans la jeunesse, notre phellin déploie d'opulents bourrelets fauves, qui s'amincissent avec l'âge. Sa gorge a la douceur d'une peau de chamois, elle se rouille et s'empourpre par temps humide.

Peut-on soupçonner quelque connivence entre le phellin à bourrelets (du grec phellos : liège) et nos fascinants félins (du latin felis : chat) ? Certes oui ! ... la beauté et la grâce, la propension à se camoufler... et les griffes* !

 

* Le phellin à bourrelets est truffé de spinules ou soies hyméniales (sortes de petites griffes visibles au microscope), ce qui le différencie, entre autres, du phellin du fusain, qui en est dépourvu et qui montre des chapeaux plus minces, une ligne noir dans la chair et des spores plus petites.

 

Chronique NR du 24 janvier 2008

 



Article ajouté le 2008-02-07 , consulté 166 fois

Commentaires


Michel et Joanna le 15/02/2008 à 19:31:47
Un joli coup de plume qui passionne toujours autant Joanna. La succczssion des mots agit sur elle telle un comte de fée tant attendu le soir avant de s'endormir.
Elle fait un gros bisous à papy Richard.

Merci pour ton petit mot reçu ce matin.
A bientôt en lisant tes prochaines histoires.
Grosses bises.
Michel

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