La Peniophora quercina

La phorie chez les champignons

 

Photo Yvan Bernaer

 

« La phorie... le mot vient du grec « pherein » : porter, racine que l'on trouve par exemple dans doryphore (porteur de lance), euphorie (se bien porter) ou Christophe (porteur du Christ). »

Michel Tournier, « Le vent Paraclet » .

Certains champignons sont porteurs d'humidité (les hygrophores), d'autres de poussière (les coniophores), d'étoiles (Nyctalis asterophora), d'un mamelon (les théléphores), d'une mitre (les mitrophores), d'un filet (les dictyophores), de laine (Lepiota eriophora)... ou encore de fils de tisserand, tel notre champignon corticié : Peniophora quercina (Fries) Cooke.

La péniophore du chêne se rencontre très couramment dans l'Indre, toute l'année, principalement sur les branches de chêne pendantes ou tombées. A l'état frais et imbu, elle forme des plaques membraneuses, molles, cireuses, bosselées, violet-brun, entièrement adhérentes et plaquées à la branche ; en séchant, elle durcit, rosit, se décolle un peu et s'enroule sur les bords en laissant apparaître le dessous brun foncé du champignon – phénomène que l'on rencontre également chez deux espèces voisines : Peniophora rufomarginata, gris-rose, hôte exclusif du tilleul, et Peniophora limitata, gris-bleu, à marge brun-noir, qui colonise les frênes, les troènes et les lilas.

N'oublions pas que notre péniophore est aussi une magnifique métaphore... qui porte, transporte métamorphose ! des éléments microscopiques (des cystides) ... en fils de tisserand.

 

Chronique NR du 28 février 2008



Article ajouté le 2008-03-14 , consulté 168 fois

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