Le lamier pourpre
Le lamier pourpre

Photo Yvan Bernaer
D'affreux êtres sortis des cercueils soulevés. »
Victor Hugo,
Laïmos, en grec, désigne la gorge, le gosier. Mot issu de l'onomatopée « laï » : crier, qui donna « Lamia » dans la mythologie gréco-romaine et « lamie » dans la langue française au début du XVIe siècle : ogresse, représentée avec une tête de femme et un corps de serpent, qui passait pour dévorer les enfants.
De ce mythe naquit le nom de la fleur, par allusion à sa corolle en gorge – dans laquelle les abeilles se glissent impunément et en ressortent les corbeilles gorgées d'un pollen roux briqueté.
L'allure d'ortie du lamier pourpre (Lamium purpureum L.) lui valut les noms d'ortie-rouge, ortie-morte (c'est-à-dire ne piquant pas), à l'instar d'espèces voisines telles que le lamier blanc (ortie-blanche), le lamier jaune (ortie-jaune), le lamier maculé (ortie-tachetée) ou l'épiaire des bois (ortie-puante, ortie-à-crapaud), autant de plantes présentes dans le département de l'Indre.
Toutes ces Lamiacées (ou Labiées) n'ont rien à voir avec les orties. Elles se singularisent, entre autres caractères, par leur tige quadrangulaire et leur corolle formant deux lèvres (d'où le mot « Labiées », du latin « labium », qui donna l'adjectif et le nom « labial(e) »).
Le lamier pourpre participe du petit cortège des premières fleurs à annoncer le printemps. Il est bien reconnaissable à ses corolles rose pourpre pâle, émergeant d'un dôme tuilé de feuilles brun-rouge violacé. Il se rencontre partout dans l'Indre, dans les jardins, les terrains vagues, le long des rues et des chemins.
« - On sent un souffle fétide... murmurèrent certains botanistes en froissant le lamier pourpre.
- Oh là ! ... Vous n'y allez pas avec le dos de la narine ! ... pour une simple odeur herbacée ! ».
Chronique NR du 29 mars 2007
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