Des plantes et des ânes
Les enfants de ma génération connaissent le bonnet d'âne... et furent parfois traités de tête d'âne.
Et je connus quelques petits malins de botanistes qui aimaient à s'exclamer (devant une assemblée de novices assimilant toute Astéracée piquante à un chardon) : « Les chardons, c'est pour les ânes ! »
Fort heureusement les temps ont changé. L'âne est devenu un animal charmant et intelligent – belle revanche pour les enfants d'antan et les botanistes candides !
Son nom grec onos demeure attaché à plusieurs plantes, tels Onobrychis1 viciifolia– le sainfoin – qui fait braire et saliver les ânes, Onopordum2 acanthium, ce grand « chardon » qui fait péter les ânes, Onosma3 arenaria, cette Boraginacée jaune qui sent l'âne, ou enfin4 notre Papilionacée : Ononis repens Linné ( de onis : crottin) : certains Ononis dégageraient une odeur de crottin d'âne...
Par ailleurs, notre plante porte le nom français de Bugrane rampante, et ici nous passons... de l'âne au boeuf – du grec bous : boeuf, et kranion : crâne ; crâne de boeuf ! Difficile d'imaginer pourquoi ? En revanche, le terme vernaculaire d'Arrête-boeuf5, qui lui est également attribué, est tout à fait compréhensible : il fait appel à ses longues racines résistantes... capables d'arrêter un araire tiré par un boeuf.
Ononis repens aime les prés secs, les broussailles et friches du Berry, surtout en terrain calcaire.
(26 juillet 2012)
Inscrivez-vous au blog
Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour
Rejoignez les 59 autres membres