Archives Fonge et Florule

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L'Armillaire couleur de miel

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Photos Yvan Bernaer

 

L'Armillaire couleur de miel

 

Le nom même de ce champignon me fait rêver : tantôt douce lumière filtrant à travers les persiennes, tantôt lueurs mordorées baignant nos forêts en cette tendre fin d'automne.
Et c'est bien un miel clair touché de jaune citrin ou d'olivâtre qui coule sur les chapeaux1 étagés en touffes2 denses de l'Armillaire couleur de miel ; chapeaux portés par d'élégantes jambes, galbées et fusiformes, rosâtres ou vineuses, emmitouflées au sommet par l'épais rebord roulé d'une chaussette montante, métaphore d'un anneau membraneux crémeux ou vitellin au-dessous duquel s'égrènent quelques flocons blancs et détersiles.

Mais l'Armillaire vieillit, ses frais bouquets de miel brunissent et se délitent. C'est alors une autre beauté qui nous envahit : celle de la décomposition, de la déliquescence de champignons qui se répandent , s'enténèbrent et pleurent sur leur souche mère.

L'Armillaire couleur de miel : Armillaria mellea3 (Vahl : Fries) Kummer commence souvent sa vie en parasite pour la finir en saprotrophe. Sur les racines et troncs de feuillus4 sur lesquels elle prospère, elle crée des pourridiés qui conduisent à la mort de son hôte. Son mycélium présente la caractéristique de s'agglomérer et de s'indurer en longs cordons blanchâtres, qui s'assombrissent à l'air et à la lumière jusqu'à ressembler à des racines brun-noir, luisantes et de surcroît luminescentes.

 

(4 décembre 2014)

 

1   Les chapeaux, bistre olivacé sombre à l'état jeune, à squames menues et détersiles, sont d'un diamètre toujours très inférieur à la longueur des pieds.

2   Henri Romagnesi, nous dit Helga Marxmüller, fait une distinction entre un port fasciculé et un port cespiteux. Ainsi, Armillaria mellea a-t-ellle des stipes nettement fasciculés, s'amincissant progressivement en fuseau et se faufilant longuement sous l'écorce. Les autres armillaires ont plutôt un port cespiteux : les pieds sont cylindriques jusqu'à la base ou bulbeux, et s'ils sont parfois fasciculés, c'est par des prolongements radicants sous l'écorce de leur hôte . (Helga Marxmüller, Étude morphologique des Armillaria sensu stricto à anneau, bulletin de la Société Mycologique de France, année 1982, ; fascicule 1, page 99).

3   Mentionnons le ressenti d'Helga Marxmüller à propos d'Armillaria mellea :

« Armillaria mellea sensu stricto est de toutes les espèces celle qu'on reconnaît le mieux : en simplifiant, je dirais qu'elle me rappelle plutôt les Hygrophores, tandis que les autres espèces me font penser aux Cystodermes. » (SMF 1982, page 119)

Si je devais me ranger à ce ressenti, je dirais de mon côté que c'est aux très visqueux Hygrophorus personii et olivaceoalbus que l'Armillaire couleur de miel me fait penser.

4   Armillaria mellea pousse aussi parfois ( mais rarement) sur des conifères.

 

 

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08/12/2014
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