Archives Fonge et Florule

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L'inocybe de Patouillard

L'inocybe de Patouillard

 

Photo Yvan Bernaer

 

Tous les pharmaciens le connaissent, l'entendent chanter dans leur tête... souvent sans l'avoir jamais vu !

Il faut dire que l'inocybe de Patouillard – printanier et plutôt rare – fait l'affiche depuis toujours des champignons toxiques dans les vitrines des officines... et que le grand mycologue jurassien auquel il fut dédié, Narcisse-Théophile Patouillard, fut lui-même pharmacien.

L'inocybe de Patouillard : Inocybe patouillardii Bresadola, est un des plus gros de ce genre qui ne renferme pratiquement que des espèces vénéneuses. Blanc, blanc crème, blanc jaunâtre, il a le tempérament à rougir, intensément. Dès qu'on le regarde il rougit ! De la tête au pied... de la chair aux lames ! Il aurait amplement mérité le qualificatif de « pudibond », attribué à tord à un hygrophore, incarnat par nature certes, mais qui ne rougit pas.

L'inocybe de Patouillard affectionne les bois calcaires de l'Indre, les haies et les chemins. Il pourrait être pris pour notre délicieux mousseron de printemps, n'étaient sa propension à l'érubescence, son mamelon obtus, qu'il conserve en s'étalant, et ses lames qui virent au gris-brun et se maculent de vermillon.

Les  métaphores sont nombreuses dans la langue française pour exprimer le rougissement du visage, par timidité par exemple. On devient... « rouge comme une tomate, une cerise, un coq, un coquelicot, une écrevisse, un homard, une pivoine... » . Il y manque incontestablement « rouge comme un inocybe de Patouillard ! » ... lequel aurait pu aussi faire partie de la panoplie d'injures du capitaine Haddock !

 

Chronique NR du 29 mai 2008

 



31/05/2008
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