Le Grémil pourpre bleu
Le Grémil pourpre bleu
De mémoire de botaniste, je n'ai jamais vu aussi puissante concentration en couleur que dans le Grémil pourpre bleu. Et il n'est à point douter que c'est devant un talus saturé de ce bleu violacé, oeillé de pourpre, de cette laine imbibée d'une encre violette presque noire, que Carl von Linné eut le regard happé et se mit à bégayer : caerulea... purpurea... purpurocaerulea. De là en naquit le nom de la plante : Lithospermum purpurocaerulea Linné, appelé encore Buglossoides purpurocaerulea – dénomination fort heureuse pour le peintre, car il n'y a que la Buglosse d'Italie pour rivaliser en liqueur bleu-violet avec notre grémil.
La Buglosse d'Italie (du grec bouglôsson : langue de boeuf) porte par ailleurs le nom latin d'Anchusa (nom grec d'une Borraginacée à racine rouge avec laquelle on fabriquait du fard) – mot fabuleux qui nous aspire phonétiquement et symboliquement dans un autre vertige : celui du chef-d'oeuvre allégorique d'Ernst Jünger : Sur les falaises de marbre, sous le signe d'une autre couleur au summum de sa saturation et de son intensité dramatique : le rouge, et où Lampusa nourrit les vipères avec du lait servi dans un bassin d'argent.
Lithospermum tient son origine du grec lithos : pierre (les graines ont la dureté de la pierre), ce qui valut aussi à la plante de s'appeler Herbe-aux-perles ; grémil, quant à lui, est une altération de grain de mil.
Le Grémil
pourpre bleu aime les coteaux calcaires secs. Ses velours violets tapissent
présentement les talus boisés de la route de Châtellerault, à la sortie de
Châteauroux, de Chabenet, de Rives ou du Bois-du-Roi.
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